Eau en bouteille : le scandale qui a tout changé
Ces dernières années, un révélateur a secoué le secteur de l’eau en bouteille : un grand groupe a été pris en flagrant délit d’utilisation de traitements non autorisés, destinés normalement à l’eau du robinet, et formellement interdits pour les eaux “dites” naturelles.
L’affaire a mis en évidence des procédés opaques que les consommateurs n’imaginaient pas possibles dans une industrie réputée pour sa pureté.
- confiance en forte baisse,
- questionnement sur la transparence des marques,
- remise en cause de l’idée selon laquelle une eau en bouteille est toujours synonyme de qualité supérieure.
Mais ce scandale a une implication directe sur notre sujet : le magnésium.
Pourquoi cela impacte directement la question du magnésium dans l’eau
Parce que les eaux riches en magnésium — Rozana, Hépar, Quézac, et d’autres — appartiennent souvent à des groupes industriels ou sont distribuées par eux.
Lorsque leur pureté est remise en cause, tout leur positionnement “naturellement riche en minéraux” vacille.
Et surtout : si des traitements non autorisés ont été utilisés, même ponctuellement, cela remet en question l’intégrité minérale annoncée, dont le taux de magnésium fait partie.
Pourquoi l’eau contient-elle du magnésium ?
Origine naturelle (roches, sources, captages)
Le magnésium présent dans l’eau n’est pas ajouté artificiellement (du moins, en théorie).
Il provient d’un phénomène totalement naturel : le contact prolongé entre l’eau et les roches riches en minéraux.
Lorsque l’eau traverse les sols, les nappes et les formations géologiques, elle dissout progressivement une partie des minéraux qu’elle rencontre — dont le calcium et le magnésium.
C’est pour cela que les eaux ne se ressemblent jamais : elles reflètent la géologie locale de leur région d’origine.
Différences entre eau minérale, eau thermale et eau du robinet
La distinction se joue sur deux points :
1. Le parcours géologique
- Une eau minérale traverse souvent des couches riches en carbonates et en sels de magnésium.
- L’eau du robinet provient souvent de plusieurs sources mélangées, parfois traitées, ce qui dilue les minéraux.
2. Le cadre réglementaire
- Une eau minérale doit conserver exactement la même composition d’année en année.
- L’eau du robinet peut varier selon les saisons, les pluies, les captages ou les mélanges effectués par la régie locale.
L’eau du robinet peut en contenir… 5 fois moins.
Pourquoi les teneurs varient fortement
Parce que tout dépend :
- de la profondeur de la source ;
- du temps de contact avec les roches ;
- du type de minéraux présents dans le sol ;
- de la dureté de l’eau (TH).
Une eau douce (faible TH) contient généralement peu de magnésium.
Une eau dure, au contraire, en contient davantage.
Quelles eaux sont réellement riches en magnésium ?
Toutes les eaux n’apportent pas la même quantité de magnésium.
Certaines en contiennent des traces, d’autres sont particulièrement concentrées, c’est même l’argument marketing principal de plusieurs marques.
Mais avant d’aller plus loin, il faut distinguer deux grandes catégories :
- les eaux minérales en bouteille
- l’eau du robinet
Classement rapide des eaux minérales riches en magnésium
Certaines eaux se démarquent par une concentration naturellement élevée.
Ce sont celles dont le parcours géologique les a fait passer par des couches riches en sels de magnésium.
| Marque | Magnésium (mg/L) | Commentaire |
|---|---|---|
| Rozana | ~160 | La plus riche du marché |
| Hépar | ~119 | Très riche |
| Quézac | ~95 | Plus élevée que 80 mg/L |
| Badoit | ~85 | Plus riche que ce que tu indiques |
| Contrex | ~84 | Haute teneur |
| San Pellegrino | ~49 | Fourchette basse |
Ce n’est ni réaliste, ni souhaitable (notamment à cause des sulfates, on en reparle).
Teneur moyenne de l’eau du robinet selon les régions
Contrairement aux eaux minérales, l’eau du robinet :
- varie d’une ville à l’autre ;
- dépend de la dureté locale ;
- peut changer d’un mois à l’autre selon les captages.
En France, la moyenne tourne autour de 5 à 30 mg/L, mais certaines régions “dures” peuvent monter plus haut.
Impossible de compter dessus pour ses apports quotidiens.
Ce que les étiquettes ne disent pas toujours (minéraux + traitements)
Avec les révélations récentes sur l’utilisation de traitements non autorisés par un grand groupe, une question se pose :
peut-on encore se fier totalement aux teneurs affichées sur l’étiquette ?
Même si les variations sont rarement gigantesques, ce scandale a mis en lumière :
- un manque de transparence ;
- des pratiques de “correction” de l’eau ;
- une possible altération de la composition naturelle.
Magnésium de l’eau : une assimilation correcte… mais limitée
Le magnésium présent dans l’eau se trouve sous forme ionisée, c’est-à-dire directement dissoute dans le liquide.
C’est un avantage : cette forme est facilement absorbée par l’intestin, parfois même mieux tolérée que certaines formes inorganiques de compléments bas de gamme.
Mais ce point positif doit être nuancé par un élément clé :
Forme ionisée = biodisponibilité OK
La forme ionisée est immédiatement disponible pour le corps : elle n’a pas besoin d’être “cassée” ou transformée.
- absorption rapide ;
- bonne tolérance digestive ;
- efficacité correcte pour de petites doses.
C’est pour cela que les eaux minérales riches en magnésium sont parfois conseillées ponctuellement pour le transit, l’énergie ou les crampes.
Mais la limite apparaît vite…
Mais quantités trop faibles pour couvrir les besoins quotidiens
Même les meilleures eaux atteignent rarement plus de 160 mg/L, et la plupart tournent autour de 50 à 80 mg/L.
Si on compare avec les besoins journaliers moyens :
- Homme : ~380 mg/j
- Femme : ~320 mg/j
- Sportifs : ~400–500 mg/j
- Stress, fatigue, sommeil léger : besoins accrus
Ce n’est ni réaliste, ni recommandé (ni bon pour les reins, ni pour le portefeuille…).
Et surtout : si tu ne bois pas toujours la même eau, les apports deviennent totalement irréguliers.
Différence avec les formes organiques (bisglycinate)
Les formes organiques, comme le magnésium bisglycinate chélaté, sont :
- mieux absorbées ;
- mieux tolérées ;
- plus stables ;
- sans effet laxatif.
Elles permettent d’apporter une dose précise, quotidienne, sans dépendre de la marque d’eau choisie.
Un complément apporte du magnésium efficace et régulier. Voir guide du magnésium.
Les limites et risques du magnésium dans l’eau
Boire une eau riche en magnésium peut sembler simple et naturel.
Mais dans la pratique, plusieurs limites apparaissent rapidement, et certaines sont très peu connues du grand public.
Ces limites n’ont rien à voir avec le magnésium lui-même, mais plutôt avec le “package minéral” de ces eaux et leur fiabilité réelle.
Sulfates : effets laxatifs chez certaines eaux
La majorité des eaux très riches en magnésium le doivent à la présence élevée de sulfate de magnésium, connu pour son effet laxatif.
C’est pour cela que :
- Rozana
- Hépar
- Courmayeur
- d’autres eaux “digestives”
…ont tendance à accélérer le transit.
Et cela limite la quantité d’eau que l’on peut boire pour augmenter ses apports.
Sodium et minéraux en excès selon les marques
Certaines eaux gazeuses riches en magnésium sont aussi chargées en sodium.
Conséquences possibles :
- rétention d’eau chez les personnes sensibles ;
- déconseillé pour certaines pathologies ;
- inadapté au quotidien si l’on surveille son sel.
Microplastiques : un problème croissant
Plusieurs analyses récentes ont montré la présence de microplastiques dans certaines eaux en bouteille — parfois en quantités significatives.
Cela concerne :
- eaux plates ;
- eaux gazeuses ;
- grandes marques ;
- petites marques.
Les bouteilles en PET libèrent, au fil du stockage, de minuscules particules plastiques.
C’est un enjeu sanitaire émergent, mal étudié, mais clairement indésirable.
Et maintenant : le risque de traitements non autorisés
Le récent scandale sur l’utilisation de procédés de purification interdits pour certaines eaux minérales a renforcé la méfiance.
- la composition annoncée n’est peut-être pas toujours “100 % naturelle” ;
- certains minéraux peuvent être modifiés ou filtrés ;
- la pureté n’est pas absolue, contrairement au discours marketing.
Mais une conclusion devient évidente :
Le magnésium dans l’eau n’est pas aussi naturellement fiable qu’on l’imaginait.
Eau riche en magnésium ou complément alimentaire ?
Avec les variations de teneur, les sulfates, les microplastiques et le récent scandale des traitements non autorisés, une conclusion émerge :
Il est donc logique de comparer avec l’autre grande source : les compléments alimentaires, et en particulier les formes modernes à haute absorption.
Quand l’eau suffit (apport d’appoint)
Boire une eau légèrement ou modérément riche en magnésium peut être utile dans certaines situations :
- hydratation améliorée chez les personnes transpirant beaucoup ;
- soutien ponctuel du transit ;
- petit coup de pouce lors de périodes de fatigue légère ;
- apport complémentaire dans une alimentation équilibrée.
Mais ces bénéfices restent modestes, car les quantités sont faibles et irrégulières.
Quand elle ne suffit clairement pas (stress, sport, carence)
Certaines situations augmentent la consommation ou la perte de magnésium :
- stress chronique ;
- manque de sommeil ;
- sport régulier ;
- consommation élevée de café ;
- fatigue persistante ;
- crampes répétées ;
- syndrome prémenstruel ;
- grossesse / allaitement.
Dans ces cas, les besoins peuvent monter à 400–500 mg/j, voire davantage.
C’est pour cela que beaucoup restent carencés malgré une hydratation correcte.
Pourquoi le bisglycinate reste la forme la plus efficace
Le magnésium bisglycinate chélaté est aujourd’hui la forme la plus recommandée pour une raison simple :
Résultat :
- biodisponibilité élevée ;
- très bonne tolérance digestive ;
- pas d’effet laxatif ;
- absorption stable ;
- dosage précis ;
- effet réel sur le système nerveux et musculaire.
Le magnésium bisglycinate : une formule hautement assimilable sans troubles digestifs
Tous les magnésium ne se valent pas.
- Teneur élevée (71% des apports pour 2 gélules)
- Absorption optimale et garantie sans troubles digestifs.
- Cofacteurs essentiels : Vitamine B6 et taurine pour une meilleure fixation du magnésium.
- Vitamine B9 bioactive (Quatrefolic®) pour un soutien synergique du métabolisme de l’homocystéine.
- Sans additifs inutiles, sans OGM, sans compromis sur la pureté.
Une traçabilité totale, une biodisponibilité maximale, des dosages validés par la recherche.
FAQ – MAGNÉSIUM ET EAU
Parce qu’elle apporte un magnésium facilement absorbé, utile pour le stress, les muscles, l’énergie et la santé cardiovasculaire.
Avec les scandales récents (traitements non déclarés, microplastiques, contaminants), on ne peut plus les recommander en consommation quotidienne, surtout en bouteille plastique.
Le magnésium en lui-même n’est pas dangereux.
Le vrai risque vient des polluants liés aux bouteilles : microplastiques, résidus chimiques, PFAS, etc.
La solution la plus sûre : eau du robinet filtrée + apport en magnésium (sels minéraux, bâton de magnésium).
Les eaux minérales ne doivent être utilisées qu’en dépannage.
Cet article a été rédigé par Zakaria Qassemi, expert en nutrition.
Références scientifiques:
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Helte E, Michaëlsson K, Wolk A, et al. Calcium and magnesium in drinking water and risk of myocardial infarction and stroke – a population-based cohort study. Am J Clin Nutr. 2022;115(5):1286-1294.
Rubenowitz E, Molin I, Axelsson G, Rylander R. Magnesium in drinking water in relation to morbidity and mortality from acute myocardial infarction. Epidemiology. 2000 Jul;11(4):416-421.
Rubenowitz E, Axelsson G, Rylander R. Magnesium in drinking water and body magnesium status measured using an oral loading test. Scand J Clin Lab Invest. 1998 Aug;58(5):423-428.
Rosanoff A. The high heart health value of drinking-water magnesium. Med Hypotheses. 2013 Dec;81(6):1063-1065.

